Je m’en vais vous raconter l’histoire du café et du thé telle que racontée par Serigne Saliou. Le café et le thé sont les meilleurs boissons pour moi. La quantité de sucre doit être très bien ajustée.
Une fois, j’ai trouvé Serigne Saliou au Daara Ndiouroul à quelques encablures de Touba. Il me dit : « Entre le café et le thé, lequel des deux préfères-tu ? »
Je lui dis : « Mbacké, moi c’est du quinquéliba [plante sénégalaise] que je bois. Il me dit alors » tu devrais t’habituer à boire du café ».
Il me dit que c’est Moulay Nassir, un marocain de Fés, qui l’a introduit au Sénégal.
Les colons français, durant l’exil de Serigne Touba, lui avaient offert une tasse de café. En réalité, la tasse de café était empoisonnée.
Lorsque Serigne Touba but le café, il en fit une pratique fort recommandable. Ainsi celui qui boit une tasse, obtient aussitôt une bonification supérieure à plus de soixante dix ans d’actes de dévotion agréés. Ceci est une exclusivité pour les disciples mourides. Ce récit explique mon goût pour le café et le thé.
Je continuai en lui demandant : « Mbacké, entre le café et le thé, lequel des deux est le plus profitable ? ». Il me dit aussitôt : « les deux sont équivalents. On en tire le même profit. »
Pour nous magnifier son hospitalité, il nous servit de sa cafetière des tasses de café très chaudes. Aussitôt, après avoir bu, il nous servit encore et encore, de nouvelles fois. Le café était extrêmement chaud. Serigne Saliou me dit que le café devait être léger. Le thé également devait être préparé léger, très sucré et servi très chaud.
Il me dit : « Cette fois-ci, c’est toi qui va me préparer le thé », en me remettant les tasses et la théière. Je n’avais jamais fait du thé de ma vie ; c’était la première fois. Lorsque je lui servis sa tasse, il était satisfait et me dit : « félicitation, ton thé et le mien sont identiques ». Depuis ce jour, je ne me sépare plus du thé et du café.
Un jour, je me rendis au centre polyclinique de la Médina. On me dit alors que je souffre du diabète. On m’interdit le sucre, le riz et certains aliments. J’alla faire mon ziar à Serigne Saliou. Il demanda à Matar Diakhaté de me remettre un grand bol de riz à la viande. Comme je suivais mon régime alimentaire, c’est à peine si j’ai touché au repas. Serigne Saliou me fit appeler en remarquant que je n’avais pas mangé.
»Je veux que tu me dises si c’est le plat n’est pas succulent ou si c’est le riz que tu n’aimes pas ? Une prochaine fois, on te préparera un repas à ta guise ». Je lui révélai ce que les médecins m’avaient dit. Il prit aussitôt une feuille et un écriteau et mentionna un hadith : « Moussa (asws) avait une infection grave à l’oeil. Son Seigneur lui dit un jour : « Oh Moussa qu’est-ce que tu as à l’oeil? »
Moussa lui répondit qu’il s’agissait d’une infection. Il ajouta : « Mais moi, comme je parle avec toi sans intermédiaire, ce n’est pas nécessaire que j’aille me faire ausculter. » C’est alors que son Seigneur lui répondit » À partir d’aujourd’hui, tu as l’injonction d’aller voir les médecins quand tu te sentiras mal.
Serigne Saliou ajouta : « Toi, Serigne Béthio, vas voir un spécialiste et au bout de dix jours, reviens me voir. Tout ce que le médecin t’interdit, fuis le, mais une fois chez moi, tout ce que je te donne, mange le absolument. «
À l’hôpital principal de Dakar, après analyses sanguines, le capitaine me dit que c’était comparable à un arbre avec beaucoup de branches qu’il fallait à tout prix couper. Il me dit : « sais-tu comment les feuilles ont fait ? Elles sont subitement toutes tombées naturellement. Tu ne portes plus aucune trace de diabète. »
Je rends énormément grâce à Serigne Saliou Mbacké. J’ai fait avec lui un compagnonnage de soixante et un ans. J’ai tout vu, tout entendu. Il m’a tout montré.
Propos de Serigne Béthio Thioune traduits par
Cheikh Daouda FAYE
Chef édito S.A.S.E.T.L.
Siaresi